Mis à jour en septembre 2026
Choisir une formation en thérapie de couple suppose d’abord d’identifier l’approche théorique qui correspond à sa pratique actuelle : systémie, approche centrée sur l’attachement de type EFT, ou thérapie des schémas appliquée au couple. Ces trois orientations ne répondent pas aux mêmes situations cliniques, et le choix dépend surtout des patients que le praticien reçoit déjà et des lacunes qu’il ressent dans sa pratique quotidienne.
De nombreux psychologues et psychothérapeutes formés à la théorie générale se retrouvent démunis face à un couple en conflit chronique, sans grille de lecture opérationnelle pour comprendre la dynamique relationnelle ni outils concrets à proposer dès la première séance. Une formation continue permet justement de combler cet écart entre la théorie universitaire et les exigences du travail clinique avec deux personnes en présence, ce qui change profondément le cadre thérapeutique par rapport à un suivi individuel.
Trois grandes familles d’approches structurent aujourd’hui la formation continue en thérapie de couple : la systémie, qui analyse le couple comme un système d’interactions circulaires ; les approches centrées sur l’attachement, comme l’EFT (Emotionally Focused Therapy) développée par Sue Johnson ; et la thérapie des schémas, qui explore comment les schémas précoces de chaque partenaire s’activent dans la relation. Le choix entre ces approches dépend du profil de patientèle et des outils déjà maîtrisés par le thérapeute.
Le guide de Mayako Psychologue rappelle que les approches scientifiquement validées en thérapie de couple incluent notamment la méthode de Gottman, l’EFT de Sue Johnson et l’approche IMAGO, trois cadres qui structurent une grande partie des formations professionnelles actuelles. Chacune propose une lecture différente du couple : Gottman s’appuie sur l’observation des interactions et la prévention de la rupture, l’EFT travaille les cycles émotionnels et les besoins d’attachement, et l’IMAGO explore les répétitions issues de l’enfance dans le choix du partenaire.
| Approche | Pour quel praticien | Ce qu’elle apporte en séance | Format habituel |
|---|---|---|---|
| Systémie et outils systémiques | Praticien travaillant déjà en thérapie familiale ou avec le génosociogramme | Lecture circulaire des interactions, repérage des rôles et des alliances | Formation présentielle de plusieurs jours |
| Thérapie des schémas appliquée au couple | Thérapeute déjà formé aux schémas en individuel, souhaitant l’étendre à la dyade | Compréhension des schémas précoces activés par chaque partenaire, contre-transfert corporel inclus | Formation à distance, souvent en plusieurs modules |
| Approche centrée sur l’attachement (type EFT) | Praticien confronté à des couples en rupture de communication ou en perte de désir | Travail sur le cycle émotionnel et les besoins d’attachement non exprimés | Variable selon l’organisme |
Ce tableau ne fixe pas une hiérarchie entre les approches : il aide à situer où se trouve le praticien dans son parcours et quelle porte d’entrée correspond le mieux aux couples qu’il reçoit en consultation.
La systémie considère le couple comme un système d’interactions où chaque comportement d’un partenaire répond à celui de l’autre, dans une logique circulaire plutôt que linéaire. Elle convient particulièrement aux praticiens déjà familiarisés avec les outils systémiques utilisés en thérapie familiale, comme le génosociogramme ou les constellations familiales, qui retrouvent dans le couple une version restreinte du système familial.
Pour qui oui : les thérapeutes déjà formés à l’approche systémique en contexte familial et souhaitant l’appliquer à la dyade conjugale, ou ceux qui reçoivent des couples aux conflits récurrents liés à des loyautés familiales ou des schémas transgénérationnels.
Pour qui non : les praticiens cherchant avant tout des outils centrés sur l’expression émotionnelle immédiate plutôt que sur la structure relationnelle risquent de trouver l’approche trop analytique pour leur pratique.
La thérapie des schémas pour couples vise à identifier comment les schémas précoces de chaque partenaire, souvent hérités de l’enfance, s’activent et se répondent au sein de la relation, créant des cycles de souffrance qui semblent irrésolubles en surface. Cette approche s’adresse en priorité à des professionnels ayant déjà une base solide en thérapie des schémas individuelle.
Une formation de niveau avancé sur ce thème précise d’ailleurs qu’une supervision de 2h en groupe de 6 ou 1 heure en individuel peut être un plus, ce qui souligne l’exigence clinique de cette approche une fois appliquée à la dynamique conjugale plutôt qu’à un patient seul.
Pour qui oui : les psychologues et psychothérapeutes ayant déjà suivi une formation de base en thérapie des schémas et souhaitant l’étendre à la dyade, notamment pour travailler le contre-transfert corporel et les mécanismes de compensation propres à chaque partenaire.
Pour qui non : un praticien sans aucune base préalable en thérapie des schémas devra d’abord se former au niveau individuel avant d’envisager son application au couple.
Les approches centrées sur l’attachement, dont l’EFT est la plus documentée, partent du principe que les conflits conjugaux masquent souvent des besoins d’attachement non exprimés : peur de l’abandon, besoin de réassurance, quête de reconnaissance. Le travail thérapeutique consiste à ralentir les cycles réactifs pour permettre à chaque partenaire d’exprimer ces besoins plus directement.
L’Ordre des travailleurs sociaux et thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec rappelle que, quelle que soit l’approche retenue, le thérapeute cherche dès la première rencontre à comprendre la dynamique du couple qu’il a devant lui, ce qui situe l’écoute active et l’analyse relationnelle au cœur de toute méthode, indépendamment de son cadre théorique.
Pour qui oui : les praticiens confrontés à des couples en perte de désir, en incompréhension chronique ou en rupture de communication, pour qui une lecture émotionnelle du lien apporte un cadre d’intervention concret dès les premières séances.
Pour qui non : ceux qui travaillent principalement avec des couples présentant des dynamiques de pouvoir ou des schémas transgénérationnels marqués trouveront sans doute la systémie ou la thérapie des schémas plus adaptées.
Une formation continue en thérapie de couple combine généralement trois temps pédagogiques : l’apport théorique sur le modèle choisi, l’expérimentation des outils en binôme ou en petit groupe, et l’analyse de cas cliniques apportés par les participants. Cette alternance permet de repartir avec des outils testés en conditions réelles plutôt qu’une simple accumulation de concepts.
L’Institut Ayana propose une formation dédiée à la thérapie de couple, construite selon cette logique d’alternance entre théorie, expérimentation et analyse de cas, avec des formateurs cliniciens en activité. Pour les praticiens dont la pratique corporelle reste peu développée en séance de couple, le travail avec le corps dans la thérapie complète utilement cette approche relationnelle, le corps jouant souvent un rôle central dans l’expression des tensions conjugales non verbalisées.
Le financement de ces formations passe le plus souvent par le Fonds interprofessionnel de formation des professionnels libéraux (FIFPL) ou par le Compte personnel de formation, dont la gestion se fait via Mon Compte Formation, la plateforme officielle dédiée aux droits à la formation professionnelle.
Le succès d’une thérapie conjugale dépend en grande partie de la volonté du couple de rebâtir quelque chose ensemble.
Ordre des travailleurs sociaux et thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec (OTSTCFQ)
Se former à la thérapie de couple avec des cliniciens en activité
Découvrez le programme détaillé de la formation en thérapie de couple de l’Institut Ayana.
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Il n’existe pas de diplôme unique et obligatoire intitulé « thérapeute de couple » en France ; la pratique s’appuie généralement sur une formation initiale de psychologue ou de psychothérapeute, complétée par une formation continue spécialisée en approche systémique, en EFT ou en thérapie des schémas appliquée au couple. Cette spécialisation permet d’acquérir des outils concrets pour la dyade thérapeutique, différents de ceux utilisés en suivi individuel.
La thérapie de couple s’adresse directement à la dynamique relationnelle plutôt qu’à un seul partenaire, ce qui permet de travailler les cycles d’interaction, la communication et les besoins non exprimés dans le cadre même où ils se manifestent. Elle est envisagée lorsque les conflits deviennent réguliers, que la communication se dégrade et que les tentatives individuelles n’ont pas suffi à restaurer l’harmonie du couple.
Le salaire d’un thérapeute de couple varie fortement selon le statut (libéral ou salarié), la région d’exercice et l’ancienneté, sans chiffre unique de référence applicable à tous les praticiens. La rémunération en libéral dépend notamment du nombre de consultations et du tarif fixé, souvent influencé par la spécialisation et la notoriété du praticien.
Les praticiens distinguent généralement des profils selon la nature des difficultés rencontrées : couples en conflit chronique, couples en perte de désir ou de communication, couples confrontés à une crise ponctuelle (infidélité, deuil, transition de vie) et couples cherchant à consolider une relation stable. Chaque profil oriente le choix de l’approche thérapeutique la plus adaptée.
Les formations continues destinées aux psychologues et psychothérapeutes libéraux peuvent généralement être prises en charge par le Fonds interprofessionnel de formation des professionnels libéraux (FIFPL), sous réserve des critères d’éligibilité en vigueur. Les droits à la formation professionnelle se consultent et se mobilisent via la plateforme Mon Compte Formation.
Une thérapie de couple permet de traiter les conflits chroniques et les blocages relationnels qui ne se résolvent pas par une approche individuelle. Elle offre une grille de lecture opérationnelle de la dynamique à deux et des outils concrets pour intervenir dès les premières séances, transformant le cadre thérapeutique en intégrant les deux partenaires dans le processus.